28 août 2009

Guiyang - Shanghai, le 26 août

Hier soir deux Coréens se sont disputés et Lee Sanghoon est venu papoter dans notre chambre jusque 2h parce qu'il avait peur de retourner dormir près de Wudong. Ce matin, on a quand même dû se lever tôt pour prendre le bus pour aller à l'aéroport, mais Wudong avait disparu. Finalement le bus est parti sans nous et le directeur m'a offert un joli tableau et mise dans un taxi pour que je ne rate pas l'avion. J'ai eu un départ très précipité mais les Coréens et Sendi vont me manquer :(

Je suis arrivée vers 15h à Shanghai. A peine sortie de l'avion, j'ai senti une chaleur moite me recouvrir ; j'ai cru qu'elle venait d'un réacteur, mais elle me suivait partout. J'avais oublié ce que c'était, 35°C à l'ombre.

Vous vous souvenez des labyrinthes de barrières dans les parcs d'attraction ? Ben ici pour prendre le taxi c'est la même chose. On doit faire une super longue file, les taxis sont rangés sur cinq bandes et il y a deux personnes qui distribuent les clients au taxi avec des sifflets. Ce qui est très impressionnant, c'est que ça avance plutôt vite.

Bon, il fait trop chaud, pas question de rester enfermée dans l'appart sans ventilo ni clim. Je cours les rues, je retrouve le flot des voitures, les motos qui volent le trottoir, moins conciliantes que les troupeaux de buffles. Je vais m'acheter de l'eau, des draps de lit, faire des lessives, et j'emporte finalement deux adresses de clubs de Go. Comme je ne sais pas comment me rendre à Sichuan Bei Lu, je prends le métro jusqu'au Parc du Peuple, situé en plein centre, et j'en profite pour faire un petit tour.

Il fait déjà sombre, il n'y a plus personne. Le parc est propre mais peu fleuri et moins grand que ce à quoi je m'attendais. Il n'y a pas grand-chose à part quelques manèges au fond. Face à mon coin de paradis, ya pas photo.

Il y a une file immense de gens qui attendent le bus. Moi, je montre la première adresse à un chauffeur de moto-taxi un peu bourrin. Il me coiffe d'un casque d'ouvrier et se met en route ; le vent et les klaxons ne l'empêchent absolument pas de me faire la conversation. Au bout de 60 yuans, on arrive enfin au pied du bâtiment où la légende dit qu'on trouve un club de Go super sympa ainsi qu'un magasin, et des adultes qui jouent toute la journée et en soirée... En pratique, on ne trouve que des ascenseurs. Consciencieuse, je monte au 12ième étage. J'avance dans un couloir sans lumière. La seule porte éclairée donne sur des dames qui jouent aux cartes. Je ravale ma timidité et je demande : Il paraît qu'on peut jouer au Go ici ? Oui, qu'elles me disent. J’attends la suite, mais elles reprennent leur jeu. Excusez-moi, où peut-on jouer au Go ? Elles me montrent une porte au fond de la salle. Il  y a en effet une dizaine de gobans, mais personne qui joue. Elles me regardent d’un air moqueur : la porte suivante… Je frappe à la porte, et une fois de plus, je dérange un cours de Go. Une dizaine de petits bonhommes jettent des regards curieux derrière le professeur, un jeune homme à l’air sympathique. Je demande en bégayant si je peux suivre son cours, il me laisse entrer et reprend où il en était. Cette fois, les élèves sont sages et studieux, et le niveau du cours est très élevé. Il commente une partie de ses élèves ; j’écoute, fascinée. Puis il fait une pause et vient me voir.

Il donne cours là-bas deux ou trois fois par semaine. Il me donne son horaire mais ce n’est pas le même en septembre, je ne comprends pas tout. Les cours coûtent 60 yuan de l’heure et il faut lui téléphoner avant de venir. Le cours est réservé aux dans. Je lui demande si j’ai le niveau, il me répète qu’il faut que je lui téléphone. Finalement, il me fait jouer contre un de ses élèves. Le petit m’écrase. Je joue mal, ses camarades se moquent de moi, je tiens bon, je rentre d’un tournoi à neuf défaites, j’ai vu pire… Puis je joue contre un autre petit garçon. Intimidée, je tente d’abandonner en début de chuban. Tout le monde crie et appelle le prof (appelons-le laoshi3 pour faciliter les choses, parce qu’il porte le même nom que laoshi1) qui vient, me regarde d’un air sévère, et me dit que je n’ai pas perdu. Désespérée, je continue la partie. En fin de chuban, je perds encore un groupe de pierres et j’abandonne. Rebelotte : tout le monde appelle laoshi3, qui me regarde d’un air sévère et me dit que je peux encore gagner. Je concentre toute mon énergie sur le yose. Finalement, on arrive au décompte – gênée, j’essaie d’aider mon adversaire, mais je m’y connais pas trop en règles chinoises – et il m’annonce que j’ai gagné. Ben ça alors…

Plus tard, on a fait des tsumegos. Le niveau est peut-être bien le mien, finalement. Mais dès  que le professeur a le dos tourné – et apparemment il donne cours dans deux salles à la fois – les élèves sont bruyants, ils courent partout et crient très fort, il y en a même un qui dessine au bic sur le goban… tu m’étonnes, trois heures de cours en fin de journée quand on a 7 ou 8 ans c’est pas si facile !! Mais quand le prof revient, il dit un mot, et tout le monde se calme. Il prend un bâton, frappe sur la table ou sur les élèves qui trouvent des réponses nulles aux tsumegos.

Bon comme d’habitude l’adresse du cours pour ceux que ça intéresse : 四川北路1457号12层 (Route du Sichuan, Nord, n° 1457, 12ième étage), métro : Baoshan road (lignes 3 et 4) + un quart d’heure de marche. A la sortie des ascenseurs, prendre le couloir vers la gauche, marcher jusqu’au bout : il y a une porte de verre, entrer, passer par la porte au fond, puis par la porte de droite. Cours le mercredi et le samedi de18h30 à 21h, et le dimanche de 13h30 à 18h. 60 yuans/cours. Pour le numéro du prof, contactez-moi.

Posté par edwondimariel à 05:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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