24 août 2009

Guiyang, le 23 août

Journée de repos : ce matin, nous prenons des grands cars pour aller visiter une vallée. Derrière moi, les interprètes et les Coréens échangent du vocabulaire KorChinGlish avec difficulté. Moi, je regarde par la fenêtre parce que la campagne m'offre son spectacle majestueux : des liserons violet vif qui s'entortillent sur les tiges de maïs, des azalées délicates entre les plants de courges qui dissimulent de grandes fleurs nonchalantes, des gros tournesols qui baissent la tête avec mélancolie au bord des rizières étagées; Des petites collines ont été déposées sur la plaine et coiffées d'arbres sombres. Des serpents de lierre clair grimpent des pans de roche grise.

Dans le car, il y a une guide chinoise avec un micro. elle parle beaucoup et elle chante de temps à autre, pas très juste.

Une heure plus  loin, le paysage se compose essentiellement de rizières et de fougère tendre sur les collines qui se font montagne. Par endroits, les différentes sortes de plantes cultivées en terrasses s'alternent, de vert en vert ; dans d'autres valleés le riz s'étend à nos pieds de part et d'autre de la route ; nous roulons sur un grand brise-lame qui fend une mer de vaguelettes émeraude.

Nous débarquons enfin à l'entrée d'une immense vallée, au bord d'une rivière parcourue de canoés. Il y a des fleurs, des papillons grands comme la main, aux ailes découpées de délicats motifs. Il fait sec et lumineux, mais d'immenses parois à pic nous cachent une partie du ciel. Nous passons devant un tunnel où sont exposées des photos de paysages et de femmes nues, puis nous montons des escaliers ombragés par de grands bambous et des glycines sauvages. Je n'arrête pas de pousser bêtement des "oh !" émerveillés.

A midi on doit regarder un spectacle de danses traditionnelles des minorités ethniques et la bouffe est aussi dégueu qu'à l'hôtel. Une fois de plus je me nourris essentiellement de riz et de chou vapeur. Puis nous reprenons notre marche entre les rideaux translucides des jeunes bambous. Pendant toute l'après-midi, je remplis mes yeux d'images immenses de lumière et d'émeraude. Je ne me lasse pas de m'écrier que c'est merveilleux devant chaque papillon.

J'ai fondu d'admiration devant un endroit où, la pente de la falaise s'étant adoucie, des arbres au feuillage léger déferlaient jusqu'à la rivière ; leur cîme était frôlée par les rayons indolents du soleil.

Plus loin, des jeunes hommes en caleçon pêchaient à la ligne sur de gros rochers ; c'était aussi inattendu que le tunnel aux femmes nues. Nous sommes rentrées en téléphérique et en car. Le chauffeur nous a mis un karaoke mais personne ne chantait parce que la guide s'était endormie. Il a passé d'abord une heure et demie de chansons d'amour niaises et doucereuses, puis une heure et demie de chants de propagande chinois. Pendant ce temps, on faisait des tsumegos avec les Coréens, c'est-à-dire qu'ils nous désignaient les tsumegos (les faciles pour moi, les difficiles pour la petite fille chinoise) et corrigeaient nos solutions. Naturellement, ils se moquaient de moi à chaque erreur et même quand je ne me trompais pas ils riaient de me voir si fière d'avoir trouvé la solution.

Au souper vers 21h, Scott m'a fait boire plein d'alcool de riz, mais quand même pas assez pour m'empêcher d'avoir envie de jouer avec son ami Zhuang Wei. J'ai gagné, j'ai gagné ! J'ai gagné à quatre pierres contre un potentiel adversaire de tournoi sans handicap...

Posté par edwondimariel à 02:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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