11 janvier 2007
poum poum
Je vous laisse découvrir ce texte que j'ai retrouvé hier soir, perdu dans mes archives - je pense qu'il s'agissait du début d'un conte musical, je n'ai aucune idée de qui pourrait composer des musiques. Les textes devraient être chantés; il y a une suite mais je ne la connais pas encore. Bonne lecture !
C'était au temps lointain où deux nations étaient en guerre.
On raconte qu'en un pays le soleil se couchait gris sur une terre de cendre, laissant les hommes s'entraîner à faire couler le sang…
Et on raconte qu'en l'autre pays le soleil éclairait le sourire des enfants et les courbes des femmes; il se couchait sanglant sur des jardins fleuris…
GEIKO
Debout !
Sors du lit, petit soldat, rase-toi
Viens là !
Garde à vous, pour la droite,
Droite !
Petit soldat, sais-tu déjà
Les pompages et la randonnée
Les fusils et la course à pied ?
Petit soldat, relève-toi !
Garde à vous, pour la gauche,
Gauche !
Petit soldat, craches-tu assez
Sur l'uniforme taché de sang
Sur la sueur et sur l'argent
Qui te mène là, petit soldat ?
Garde à vous, pour le ciel,
Fixe !
Complainte de la princesse
J'ai quinze ans
Et il m'est doux
D'écouter dans le soir les rossignols allant
Chanter la nuit à tous les pays;
De suivre du regard le fleuve
Que d'autres suivent sur d'autres rives;
De dessiner dans la buée
Les mêmes signes d'éternité
Que dessinent tous les enfants
Car j'ai quinze ans.
Je ne sais
Comment est
La vie hors de ce palais ; Pourtant
J'imagine que partout
On entend les mêmes notes
Sous le rouge soleil qui s'étend
Et qu'il laisse les mêmes reflets
Dans le fleuve; Que souvent
D'autres enfants tracent dans la buée
Les mêmes signes de Liberté.
Du maître
Souviens-toi
Lorsque la lune est pleine
D'être pareil au chat,
A ses griffes; aie l'éclat
Et la goutte vermeille
Que sous le ciel de cendre
Il fait briller sans bruit.
Souviens-toi
Lorsque le soleil brille
De ne jamais rien rendre
A la vie; aie la gloire
De celui qui jamais
Ne voudrait humilier
Les Grands de son histoire;
Souviens-toi
Sous les rayons sanglants
De ne point retomber
A l'âge de l'enfant
Que tu n'as pas été
Mais jamais, m'entends-tu
Ne soupire pour l'amour
Quelle que soient l'heure, le jour
Jamais…
Lettre de l'assassin
A toi, petite princesse, qui ne vis dans ton ciel que soleils scintillants,
A toi dont les jardins furent toujours colorés,
Dont toutes les soirées s'éclaboussent d'éclats de rire aux saveurs sucrées…
Oh, je t'en prie, ferme tes yeux tendres d'enfant !
Petite fille de quinze ans
Laisse encore un peu ton ignorance,
Savoureux loukoums aux mille fragrances
Ne pas te préparer à grandir ;
Veux-tu oublier comment sourire ?
Oh, je t'en prie, secoue donc tes boucles blondes
Des gouttes de crainte vermeille !
A toi, princesse dont la beauté abonde
Que je ferai danser aux parvis du soleil…
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